« SECRETS D’EXPERTISE » : PRÉSENTÉ PAR Frantz FRAY

TSUBA : DÉMÊLER LE VRAI DU FAUX :

Une fausse tsuba (garde de sabre)

Voilà un exemple caractéristique du faux dans l’art japonais.

Si l’on compare cette copie moderne à une pièce authentique, ici tout est faux : le métal, la  patine, les incrustations, et même le sekigane cette petite cale située en haut et en bas de l’ouverture triangulaire du milieu qui permet de caler la lame du sabre.

Cette tsuba représentant une scène de la guerre des Gempei : combat de samouraï dans les flots est de style kinko. Sans rentrer dans les détails il s’agit de gardes fabriquées à partir d’alliage de cuivre, contrairement aux tsuba traditionnelles faites en fer.

Elle est censée être en shakudo. Le shakudo est un des métaux les plus appréciés au Japon pour la fabrication des montures de sabres. Il s’agit d’un alliage de cuivre et d’or qui lorsqu’il est patiné prend une teinte noire bleutée dite « aile de corbeau ».

Ici il ne s’agit pas, de toute évidence, de shakudo mais plus probablement d’un genre de lime (alliage plomb, étain et antimoine) avec peut-être un peu de cuivre pour donner plus de solidité et rendre le métal moins cassant. La couleur noire a probablement été obtenue non pas à l’aide d’une patine chimique mais plutôt d’un vernis spécial appliqué à chaud à base de laque naturelle urushi et dont les Japonais ont le secret . Il en est de même pour la couleur marron imitant le suaka, (cuivre qui, patiné, prend un aspect marron orangé, un peu « chocolat au lait »). De même la couleur or est un vernis appliqué en imitant la technique de l’uttorizogan (feuilles d’or assez épaisses recouvrant les parties en haut relief du décor).

Après les métaux, passons au travail de ciselure.

Alors que sur une tsuba authentique le décor serait à la fois ciselé et incrusté, il est ici totalement moulé. Une prise d’empreinte sur une garde ancienne a probablement été effectuée à l’aide d’un élastomère afin de rendre le décor ciselé le plus fidèle possible.

Et enfin pour finir on s’aperçoit que le faussaire à pousser le vice jusqu’à imiter les deux petites cales, habituellement en cuivre, situées en haut et en bas de l’ouverture triangulaire et qui permettaient de bien caler la soie du sabre qui ensuite se glissait dans la tsuka (poignée du sabre).

Je joins à ces explications les photos de quelques tsuba authentiques avec des décors légèrement similaires afin de faire la distinction entre le vrai et le faux.

  TSUBA AUTHENTIQUES

        

                 VRAI                                                    DÉTAILS                                          VRAI  

 

 

                                                                 FAUX

 

                                                               

    SEKIGANE VRAI                                                                          SEKIGANE FAUX        

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