« SECRETS D’EXPERTISE » : PRÉSENTÉ PAR Frantz FRAY

DÉMÊLER LE VRAI DU FAUX SUITE :

Dans un précédent article nous nous étions intéressés à une fausse tsuba, mais dans le faux il n’y a pas que les objets, il y a aussi les expertises… En effet, nous allons aujourd’hui étudier un exemple flagrant de faux certificat Japonais.

Il existe au Japon plusieurs organismes habilités à rédiger des certificats d’expertise et de classement sur les lames de sabre Japonais ainsi que sur les montures de sabre. L’un des plus connu est la NBTHK (Nihon Bijutsu Token Hozon Kyokai : Société pour la préservation des sabres d’Art Japonais).

Sur la photo ci-jointe figure un faux certificat probablement fait en Chine puisqu’il concerne la copie d’un katana fabriqué en Chine il y a peu de temps…

Nous allons relever les différentes anomalies que comportent ce certificat et en comparaison je joindrai à cet article des photos de certificats authentiques.

1- Le premier détail qui choque est que sur un certificat ne peut figurer à la fois une pièce de monture, ici une tsuba (garde de sabre) et un nakago signé d’une lame (soie d’une lame portant la signature du forgeron). En effet, la règle veut qu’un document soit réservé pour la lame seule et un autre pour une ou des montures.

2- Grave erreur, la photo du nakago signé est présentée à l’envers.

3- Les cachets rouge sur les photos n’existent pas sur un original , il s’agit normalement d’un timbre sec qui doit figurer sur chacune des photos pour éviter toute fraude (voir photo certificat authentique)

4- Autre détail important, deux kanji (caractères Japonais) et un numéro d’identification poinçonnés doivent figurer en haut et à gauche du document . Sur le faux ils n’existent pas.

5- On devine au verso du document ce fameux timbre sec fait à un seul exemplaire alors que logiquement devraient en figurer deux. Ce timbre n’est pas visible sur le recto.

6- Toujours au verso apparaissent des cachets rouges qui n’ont aucune raison de figurer là.

7- La couleur du papier utilisée pour le certificat n’est pas la bonne, ce dernier devrait être plus jaune, couleur de papier spécifique pour un certificat correspondant à un classement Hozon.

8- Au revers figure la date de délivrance du certificat et le nom du propriétaire qui a demandé ce certificat. Les cachets qui ornent cette partie, un grand carré et deux petits ronds ne sont là que pour impressionner des amateurs non éclairés car sur un original ils n’existeraient pas.

Quant au contenu réel du certificat, une partie est imprimée et une autre écrite ce qui est normal. La partie écrite est censée décrire l’objet illustré en photo. Nous n’allons pas rentrer dans les détails de la traduction mais il s’avère que le contenu est bourré de fausses déclarations. Tout d’abord il est indiqué que la tsuba est en fer alors qu’il s’agit d’un vulgaire moulage à base de laiton. Aucun détail sur la signature de la tsuba ni non plus sur le nakago de la lame qui figure pourtant en photo et qui n’a rien à faire là. Enfin il y est décrit la technique de ciselure alors que la tsuba est moulée de manière grossière et sans aucune reprise de ciselure.

En conclusion, à tous les amateurs qui n’achètent des sabres Japonais que s’ils ont des certificats Japonais, méfiez-vous des contrefaçons…..

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