Archives de l’auteur : Philippe CRASSE

À propos Philippe CRASSE

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La Belle Époque du rêve

Philippe Crasse, expert en Automates, instruments de Musique à mécaniques et Art Forain présentait Dimanche 30 juin 2019, cet imposant carrousel 1900 réunissant les plus grands noms de l’art forain, depuis les sculpteurs Alexandre Devos pour les gondoles de princesse et Josef Hübner pour la cavalerie galopante jusqu’au facteur d’orgues Gavioli, pour l’orgue de 89 touches.

Ce carrousel a fait tourner bien des têtes depuis la Belle Époque. Un succès à la mesure de l’ambition de son concepteur, J. Van Muster, qui transparaît dans le nom donné à son attraction: «Hippo Palace», une référence à l’hippodrome de Paris pour ce manège siégeant à l’origine dans un fastueux palais de bois décoré sur le thème des courses de chars. La puissance de la traction animale a été remplacée par celle du cheval-vapeur, pour entraîner six quadriges semblables à des carrosses de princesses, destinés aux petits comme aux grands. Pour les décorer, l’entrepreneur forain a fait appel aux meilleurs artisans de son temps. Alexandre Devos a ainsi été chargé des gondoles. Ayant débuté sa carrière dans la sculpture religieuse avant de se spécialiser dans les ornements forains monumentaux, il a fait école en Belgique, où il est une référence. Son style baroque, avec des compositions puisant volontiers dans l’Antiquité, s’est épanoui sur les plus importantes attractions du tournant du XXe siècle. Joseph Hübner a quant à lui donné vie aux chevaux. Le sculpteur allemand s’est fait une réputation grâce à l’élégance de ses équidés, cabrés par le dynamisme de la course qui leur confère un port de tête altier. Leur cavalcade se déroule en musique, grâce à un orgue Gavioli de quatre-vingt-neuf touches, capable de jouer des pièces de grand répertoire pour quarante musiciens. Cet orchestre mécanique, proposé autour de 300 000 €, est lui aussi une rareté : seuls deux autres exemplaires sont conservés, l’un par la Sanfilippo Foundation de Chicago, l’autre au sein d’une collection privée européenne. Plus que centenaire, cet exceptionnel ensemble d’art forain, installé depuis le début des années 1950 au moulin d’Orgemont, à Argenteuil, était encore en activité il y a peu. Il ne demande qu’à reprendre du service.
(Extrait de l’article de Sophie Reyssat, dans la Gazette de Drouot du 28 Juin 2019)
Le carrousel a battu tous les records de la discipline, en atteignant 772800 € (frais inclus)

Art de Vivre à la française 2019 à Moscou, du 28 au 31 Mai



Art de Vivre à la française 2019 à Moscou, du 28 au 31 Mai
Philippe Crasse, expert en automates et instruments de musique automatiques expose ses instruments sur le Salon « Art de Vivre à la française » qui se tient à l’Ambassade de France, 45 Bolchaya Yakimanka à Moscou du 28 au 31 mai 2019, de 10 à 18h.
Nous serons heureux de vous y accueillir, grâce à l’invitation en pièce jointe – ATTENTION : inscription préalable obligatoire, pour raisons de sécurité –

AVENTURIERS des MERS – Une exposition du MuCEM jusqu’au 9 Octobre 2017



1_Jonas_et_la_baleine_(c)NourFoundation.CourtesyoftheKhaliliFamilyTrustÉtait-ce parce que dans une vie précédente, Vincent Giovannoni était skipper et charpentier de marine, qu’il entonne ce vibrant éloge aux marins marchands, aux intrépides voyageurs, aux aventureux découvreurs ?

Toujours est-il que ce docteur en sciences humaines, conservateur en chef du Patrimoine assure le Commissariat d’une splendide et spectaculaire exposition co-produite par le MuCEM et l’IMA.
Le sujet relate cette longue quête : cette intelligence du monde dont ces hommes d’échange ont fait preuve, malgré les dangers de mers inconnues et les surprises de rivages inhospitaliers pour offrir à la convoitise de leurs congénères les marchandises les plus désirables.globe céleste al-tabari al-asturlabi
En suivant les voies d’étoiles improbables, en traçant sur des portulans incomplets des routes éphémères, en échangeant denrées et épices, naturalia et mirabilia, les Ulysse, Sinbad et Jonas du mythe puis les bien réels Vasco de Gama, Colomb et Albuquerque ont certes, à travers le commerce, participé à la magnificence de leur commanditaire, mais ont surtout façonné un monde plus ouvert sur l’Autre.
Pas évident de raconter les mers déchainées, les langueurs océanes trompeuses avant la mousson et les cyclones tropicaux… L’entrée se fait pratiquement entre les crocs effilés d’un Carcharocles megalodon… Sueurs froides assurées ; d’autant que les fonds sonore et visuel sont justement des fonds marins sauvagement mouvementés. S’ensuit alors tout ce que l’imagination humaine a conçu de monstres hideux, de sirènes aguichantes, de leurres à vous jeter de Charybde en Scylla…

Ces dangers ont blessé l’amour-propre des marins. C’est sans doute un coureur d’océans, un rameur de pirogue, le cafre à la barre de son boutre, qui a le premier pensé qu’à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire… Encore plus loin, la caravelle dépasse un rocher, puis un cap et finit par enjamber un continent…
Il faut dire que ces malins marins se sont équipés… De biscuits bien sûr, mais surtout de systèmes de mesure afin de pouvoir se situer et d’accastillages fiables pour mieux se mouvoir.
Malgré toutes leurs précautions et leur science des astres, il arriva pour notre plus grand bonheur que de magnifiques naufrages -Anticythère en Méditerranée, Belitung dans la mer de Java, l’épave de Saint Paul, pour ne citer que les plus importants- mettent à l’abri des outrages de l’air et du temps, des cargaisons précieuses devenues aujourd’hui données archéologiques inestimables et étalonnages dendrochronologiques.portulan.christophe-colomb-detoure
La densité d’artefacts réunis dans un même espace/temps corroborent provenances et datations. C’est ainsi que sont mis en évidence les échanges entre l’empire Omeyyade à cheval sur la Méditerranée et l’océan Indien et les puissances orientales dès le VIIIe siècle, ce qui va permettre le développement du commerce maritime entre ces deux mondes ; que l’on comprend la volonté des occidentaux de s’affranchir des ports moyen-orientaux et d’accéder directement aux délices des Indes Orientales. La traversée à contre-courant du génois Colomb n’étant qu’une épiphénoménale aventure pour rallier plus directement les richesses de l’Orient…
L’histoire a aussi des ratés… Quand l’amiral des mers de l’Ouest Zheng He explore les côtes indiennes à la tête d’une flotte de 200 navires abritant 27 000 hommes à partir de 1405, lors de sept expéditions au cours desquelles il est possible qu’il ait atteint le cap de Bonne-Espérance, il s’agissait de prendre contact avec de nouveaux peuples et de dresser une cartographie du monde connu. Découragé en 1436 par le coût de ces opérations de prestige, l’empereur ordonne l’arrêt des explorations, laissant la place libre aux Européens qui y pénètrent cinquante ans plus tard.
L’équilibre du monde en aurait été bouleversé…

Comme les grands courants de pensées s’étayent sur de petits riens, le MuCEM nous régale de céramique chinoise pour le marché musulman ; de besants d’Acre -ces monnaies d’or de Saint Louis, ornées d’une sourate de l’Évangile en pseudo-coufique sur l’avers, agréées par le pape pour le commerce entre chrétiens et musulmans, à la condition d’être frappées de la croix sur le revers- ; de sièges de pouvoir Kiti Cha Enzi d’origine swahilie, XVIIe siècle et même de mobilier indo-portugais…
Pour les experts que nous sommes, la réunion d’un tel trésor couvrant dix siècles, du VIIe au XVIIe siècle, réunissant les objets d’art de trois continents aux provenances6 prestigieuses ne peut qu’aiguiser notre curiosité et ainsi, à notre tour, nous pourrons dire :
Heureux qui comme Vincent a fait un beau voyage !affiche

AVENTURIERS des MERS
Méditerranée – océan Indien, VIIe-XVIIe siècle
MuCEM (Marseille) – J4 – niveau 2 (800 m²)
Du mercredi 7 juin 2017 au lundi 9 octobre 2017

Parole d’expert : « Le commerce des étoffes à Toulouse au XVIIe siècle » par Véronique Castagné, stagiaire CNES



Conférence de Véronique Castagné le samedi 9 Mai 2015

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Quelques marchands toulousains du XVIIe siècle échappèrent à la condition de petits échoppiers et formèrent une bourgeoisie si puissante, si riche que certains d’entre eux exercèrent la profession de banquier. Les étoffes de laine et de soie, les dentelles, les vêtements   se vendaient dans les boutiques, ou en deuxième main dans les ventes aux enchères ou les blanques.

Les archives montrent que les femmes  n’étaient pas exclues de cette activité, qu’elles « trafiquaient » tout autant que les hommes et que le métier d’expert en objet d’art existait déjà.

Musée Paul Dupuy
13 Rue de la Pleau
31200 Toulouse